Naissance physiologique

Qu’est-ce que la naissance, ou l’accouchement, physiologique?

La physiologie (du grec phusis, la nature, et logos, l’étude, la science) est la « science qui étudie les fonctions normales des organes et des tissus des êtres vivants. » (Le petit Robert)

L’expression « naissance (ou accouchement) physiologique »  a été forgée pour distinguer un événement qui devrait aller de soi (parfaitement agencé par la sélection naturelle pour se dérouler avec la plus grande économie) d’un événement assisté à grands renforts de surveillance électronique, d’anesthésiants et, de plus en plus fréquemment, de chirurgie : l’accouchement médicalisé.

« La physiologie appliquée à l’obstétrique étudie les mécanismes physiques et chimiques fondamentaux de l’organisme permettant la reproduction, la gestation, l’enfantement et l’allaitement dans un contexte universel et transculturel. Donc l’étude de la physiologie en général, et de l’accouchement en particulier, est une science qui identifie les mécanismes fondamentaux de l’organisme tant physiques (mobilité du bassin, actions et interactions des muscles, rotation de mobile foetal), que chimique (les hormones, leurs actions physiques et comportementales, leur interactions…) permettant l’enfantement. » (Maïtie Trélaun, « J’accouche bientôt et j’ai peur de la douleur », pp. 35, 36)

Tout le processus physiologique de l’accouchement résulte de la sélection naturelle qui a façonné notre espèce. Pourtant, depuis les temps historiques au moins, on perturbe son déroulement par des rites et des pratiques obéissant à des croyances ou des connaissances scientifiques fragmentaires. C’est notamment le cas de la médicalisation standardisée pendant l’accouchement.

L’accouchement est un processus spontané, comme le sont, par exemple, la digestion, l’endormissement ou l’éternuement. La volonté n’y prend aucune part et il se déroule d’autant mieux si les conditions sont appropriées. Imaginez-vous dans un lieu anonyme, en pleine lumière, observé par des inconnus qui enregistrent vos fonctions vitales, vous posent des questions précises et vous somment de vous endormir sur le champ. Vous y arriverez, mais aurez peut-être besoin d’un somnifère. Ou bien on vous ordonne d’éternuer après que l’on vous ait anesthésié le diaphragme. Peut-être réussirez-vous, au bout d’efforts pénibles et risqués, avec de l’aide. Ce sont là des images pour expliquer que si nous savons quels sont les conditions dont nous avons besoin pour nous endormir, nous ne connaissons pas forcément celles dont la femme à besoin pour accoucher.

En dehors des cas pathologiques, où l’obstétrique moderne est salvatrice, le processus se déroule sans aide extérieure. Le corps de la femme est fait pour accoucher. Cependant il y a des conditions qui favorise ce processus, d’autres qui le contrarient, voire l’empêchent.

Lors de l’accouchement, la femme libère un cocktail d’hormones dont chacune à son importance. Se couper du monde, entrer dans un autre état de conscience (« endormir » son néocortex pour laisser la partie primitive du cerveau, appelé cerveau archaïque ou reptilien, prendre les commandes) est ce qui permet à la femme de libérer ce cocktail.

Pour ce faire elle a besoin:

1) de se sentir en sécurité

2) d’intimité (de ne pas se sentir observée)

3) de pénombre et de chaleur

4) de silence et de ne pas devoir répondre à des questions

On observe que tous les mammifères partagent ces deux premiers besoins

Si ses besoins sont respectés, la femme va entrer dans cet état de conscience qui lui permet de laisser faire son corps. Elle va prendre les positions favorisant la descente du bébé, positions qui évoluent au cours du travail et que personne ne peut prédire (la position la plus défavorable étant couchée sur le dos). Elle va savoir d’instinct comment se mouvoir, comment pousser, sans devoir y réfléchir, sans être guidée ni coachée.

Lorsque le processus physiologique se fait librement, sans que rien ne le perturbe, ni agitation extérieure ni interférence de substances chimiques inoculées, femme et enfant libèrent massivement les hormones nécessaires au lien d’attachement. Michel Odent nomme ce cocktail hormonal les « hormones de l’amour ». Selon lui, cette expérience précoce, pour le bébé, de l’amour biochimique, détermine sa capacité d’aimer à long terme (en plus, à court terme, de favoriser l’expulsion du placenta et l’allaitement). Il rapporte une expérience dans laquelle des brebis, ayant accouché sous péridurale, ont ignoré leurs petits et n’ont montré aucun des comportements d’une maternité récente. (« L’amour scientifié », Michel Odent) Bien sûr avec nous, les humains, les choses sont différentes puisque nous avons la capacité d’anticiper et de comprendre ce qui nous arrive, même en absence des signaux de notre corps.

Accoucher de manière physiologique facilite les premiers temps avec le bébé (les gestes, les soins, l’allaitement) et est un très beau passage initiatique à la vie parentale, puisqu’il aura fallu plonger dans l’inconnu, les sensations intenses, transcender les éventuelles craintes, pour finalement se sentir forte, capable et submergée d’amour.

 

Si vous souhaitez approfondir le sujet et connaître vos possibilités pour vivre un accouchement physiologique, vous pouvez visiter les autres pages de ce site et lire:

Et l’article de Michel Odent

Classification OMS des pratiques utilisées pendant un accouchement normal:

Les film Orgasmic Birth et l’Arbre et le Nid (ainsi que d’autres films présentés dans notre page ressources) présente des accouchements physiologiques et des interviews de spécialistes.

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