Témoignages

Une naissance à la maison… au Maroc

Bonjour La vie ! Le 30 janvier 2012 était un lundi. Une belle journée d’hiver à Casablanca, au Maroc. Olivia est née à la maison en fin d’après-midi. Pour la naissance de notre deuxième enfant nous avions décidé d’accoucher encore une fois en dehors du monde hospitalier. Notre 1ère fille, Myrtille, est née en 2009 dans la maison de naissance Zoé, à Moudon avec le soutien de Marie, notre sage femme.
Cette 1ère naissance a été pour moi une confirmation de la possibilité de donner naissance comme tout être vivant l’entend, de façon la plus naturelle possible. En cas de problème, il était toujours possible d’être rapatriés en moins de 20 minutes au CHUV de Lausanne.

Et puis nous avons déménagé au Maroc en octobre 2011. Caroline et moi avions envie d’accueillir notre deuxième enfant avec la même liberté et disponibilité que pour Myrtille. Mais les maisons de naissance n’existent pas au Maroc et l’accouchement à la maison ne se pratique pas non plus. Depuis la naissance de Myrtille nos liens avec Marie se sont renforcés et notre confiance en elle est totale, c’est pourquoi nous lui avons demandé si elle accepterait de venir chez nous, à Casablanca, pour nous permettre d’accoucher à la maison et d’accueillir Olivia comme nous le souhaitions ! A notre plus grande joie, Marie a dit oui ! Elle est arrivée à la 37ème semaine de grossesse et est restée 1 mois avec nous ! Dès son arrivée Marie a pris ses marques chez nous et a découvert le monde médical marocain. Nous étions loin du confort du CHUV de Lausanne ! Même si le matériel médical suffisant était là, la façon de faire était tout autre.
Pour ma part, le travail me préoccupait beaucoup, mais je donnais le maximum pour me rendre le plus disponible possible aux besoins de chacun. Mon désir était que tout se passe bien. Je me rassurais au fond de moi en me disant que la 1ère naissance s’était bien passée, que la deuxième grossesse se déroulait bien aussi, et que tous les indicateurs étaient donc au « vert » ! Il n’y avait pas de raison que l’accouchement se passe mal.
Nous avons aménagé une des chambres en salle d’accouchement. Effectué des tests des chauffages car il fait très humide en cette saison. Nous avons aussi préparé Myrtille à la venue de bébé…etc. Bref, nous avons mis en place un environnement qui nous semblait propice à la naissance… sans oublier de mettre au frais la bouteille de Muscat Corse !

Le lundi 30 janvier, au matin, comme pour Myrtille, les premiers signes se font sentir pour Caroline. Je reste donc à la maison afin d’éviter d’être dans les bouchons entre le travail et la maison si les contractions « sérieuses » arrivaient rapidement. La matinée passe en derniers préparatifs. Marie assure, tout en étant au fond d’elle sur le qui-vive car pas dans l’environnement Suisse qu’elle connaît.

En milieu de journée, tout s’accélère. Le travail a bien commencé et la naissance est imminente. A midi, plus de gaz dans la maison ! Je me démène pour trouver quelqu’un qui nous livre dans l’heure. Au même moment un mendiant sonne à la porte et mon téléphone du boulot se met à sonner… Les événements de dernière minute s’enchainent ! Toute la journée aura été rythmée par ces imprévus !

Notre fille Myrtille, quant à elle, est à la crèche. Une amie ira la chercher à 17h30.

Il est 15h00, c’est parti ! Les contractions sont là et Caro entre dans un bain. Le ballon d’eau est juste suffisant pour avoir un bain tiède. Pas grave ! Et dire que nous avions imaginé installer la piscine d’accouchement ! Caroline est concentrée. Je l’accompagne. Voilà presque 3 ans nous vivions la même situation. Je lui tiens la main. Je suis persuadé – encore plus en cet instant – que c’est Caroline et le bébé qui sont Maître de la situation. Marie et moi ne sommes que des extras, des accessoires utiles et agréables. Caroline respire, respire. Les séances de sophrologie avec Maia sont utiles. J’ai suivi quelques séances seul avec Maia pour le boulot et je connais la méthode. Du coup, j’accompagne Caroline dans la respiration.

Il est temps de sortir du bain : l’eau est tiède et bébé arrive. C’est dans la « salle d’accouchement » que la naissance aura lieu. Deux heures après : Olivia est là. Collée contre sa maman. Elle respire et est née sans problème. Caroline et elle ont assuré. Marie et moi avons accompagné. Je pleure de soulagement plus que de joie.

Lors des derniers moments il m’est arrivé de penser : « que faisons-nous là ? » et surtout de me conforter dans notre décision d’accoucher à la maison : « Nous y sommes ! Nous y arrivons ensemble ! Une aventure en couple, en famille, entre Homme ! » Les derniers frissons ont parcouru mon corps lorsque que Caroline m’a serré fortement les mains. La même position que la naissance de Myrtille pour expulser. Quand une méthode est bonne, pourquoi changer ? Caroline et son enfant savent le chemin qu’il faut prendre pour ouvrir son corps à la vie du dehors. Elles ont tout fait et nous les avons assisté de notre présence, du mieux que nous pouvions.

17h20 Olivia est là bien portante, deux bras, deux jambes, une tête et des petits cris. Hop ! Le sein : « j’ai faim ! ».

On sonne à la porte ?! J’ouvre. C’est le chauffeur de la société qui m’apporte des chèques à signer ! Incroyable, la vie ne s’arrête pas ! Au contraire, elle continue et c’est tant mieux !

Les derniers enfants de l’école en face quittent la cour dans un brouhaha joyeux.

Olivia s’endort.

L’atmosphère s’apaise.

Une heure plus tard, je vais chercher Myrtille chez nos amis. Son visage en voyant « enfin » ce bébé tant attendu par ses parents a une expression angélique extraordinaire qui nous bouscule, Caroline et moi. Nous n’avions jamais vu Myrtille si belle d’émerveillement.

On peut ouvrir la bouteille de Muscat !

[retour]


Association Naît-Sens - Design by coucou clock - Created by IDcom solutions internet