Témoignages

Récit d’un accouchement à l’hôpital et de sa préparation

En juillet, nous apprenons avec une grande joie que je suis enceinte ! Après 3 mois de nausées assez intenses, j’essaie de reprendre un peu de force ! La grossesse est une vraie thérapie en soit ! Elle nous fait ressentir beaucoup de chose et balaye ce qui n’est plus nécessaire !

Nous commençons l’haptonomie vers le 4ème mois. C’est un processus très subtil qui me parle beaucoup. Mon mari y prendra goût au moment où ça devient plus concret, quand le bébé commencera à réagir à nos messages. Dès que le bébé deviendra assez lourd, mon mari me soulagera par un centrage du bassin avant d’aller nous coucher ce qui me sera très bénéfique pour ma détente nocturne! Nous suivons l’haptonomie jusqu’à la naissance et aussi après.

Au 6ème mois, je tombe sur un livre de yoga pour femme enceinte de Martine Texier. Ce livre me convient et me donne des exercices qui me seront très bénéfiques pour mon corps. Je décide donc de prendre 30minutes par jour pour les faire et préparer ainsi mon corps à l’accouchement.

Avec mon mari, nous ferons aussi une méditation par moi avec le livre « Bébé lumière ». Là aussi nous apprenons les différentes étapes qui se passe dans cet endroit si sacré où le bébé grandit. Nous nous laissons guidé dans ces magnifiques moments à trois. Le temps de prendre le temps de se poser et réaliser ce qu’il nous arrive ensemble. Cela nous ouvre aussi sur une autre dimension avec l’enfant qui grandit.

Encore au 6ème, je commence à chanter, à faire des sons intuitivement. Je ne suis pas du tout chanteuse, mais je ressens ce besoin. Cette expérience du son a été très intense pour  moi jusqu’à la fin. C’est comme si faire des sons me reliait à cet enfant qui était en moi. Cela m’amène donc vers le chant prénatal que nous ferons ensemble une matinée en Gruyère une semaine avant que j’accouche. Cela nous a bien aidé à mettre nos voix ensemble et pour mon mari à avoir des choses concrètes à faire pour me soulager pendant l’accouchement ! Pour lui le chant est plus naturel, il le pratique fréquemment dans un chœur. C’était donc très intéressant pour lui de le faire intuitivement par des sons.

2 semaines avant le terme, je décide aussi d’aller faire 2 séances chez mon acupuncteur pour préparer le travail. Pratiquant moi-même l’acupressure, je connais bien les bénéfices de cette médecine avant un accouchement.

Une amie me donne également des gouttes homéopathiques à prendre le mois avant l’accouchement. Ce que je fais pour préparer le travail gentiment.

Voilà un peu l’histoire de la préparation… Passons maintenant à l’accouchement…

Depuis le début de ma grossesse, je suis convaincue que je souhaite accoucher le plus naturellement possible. Après une approche vers 2 maisons de naissance, nous optons pour la « sécurité » de l’hôpital. Bien que le fait de ne pas connaître la personne qui va accoucher mon enfant, me donne une petite appréhension. Saura-t-elle me guider dans mon sens ? J’ai rempli un dossier au préalable avec tous mes souhaits, mais est-ce que je saurais le dire si les choses ne vont pas comme je voulais ? Mon mari est bien briefé aussi, nous décidons qu’il sera mon porte-parole si besoin.

Mon accouchement commence par de petites contractions le 7 avril à midi. Nous mangions tranquillement avec mon mari et voilà que je ne supporte vraiment plus de m’asseoir !… et voilà qu’il me semble que j’ai des contractions ! Elles arrivent déjà assez rapidement les unes après les autres, toutes les 5 à 8 minutes… J’envoie mon mari acheter du pain complet et du saumon fumé… Je sens que j’ai besoin de force pour une journée qui ne va pas être comme les autres et en effet, elle ne sera pas du tout comme les autres…

Je finis de préparer ma valise quand il revient des commissions. Je crois qu’il n’a jamais été aussi rapide ! Je mange plusieurs tartines au saumon et je décide qu’une petite balade à l’air pure, nous fera le plus grand bien. A chaque contraction, je commence à faire un son qui évolue au fil de la contraction. Mon mari m’accompagne, il me touche en bas le dos, cela me soulage.

Est-ce réel que je vais accoucher aujourd’hui ? Il me semble que oui, mais j’attends et je me concentre sur chaque contraction et sur chacun de mes sons.  Le temps passe très vite, je ne m’en aperçois pas.

A notre retour de balade, cela fait déjà 1h30 que les contractions sont régulières à 6-7 minutes d’intervalles. Je prends un bain… Nous appelons la maternité pour avertir de notre arrivée future, mais je ne suis pas encore pressée d’y aller, je suis bien à la maison. Après le bain, les contractions sont toujours persistantes, c’est bon signe. Nous nous asseyons avec mon mari au salon dos contre dos et nous faisons un bon moment un « bain de sons » ensemble. C’est puissant et à chaque contraction nous nous efforçons de l’accueillir et de nous dire que cela nous rapproche encore plus de notre enfant. Mon mari est impatient, je sens l’émotion le prendre. Je sens les vibrations de sa voix dans mon dos, cela m’apaise.

J’appuie aussi sur le point d’acupressure du Gros Intestin 4 pour aider la descente… Je ne sais pas si cela a aidé, mais en tous cas, j’ai perdu les eaux peu de temps après…à 17h15, je les perds. C’est une impression assez peu banale et surtout le niveau des contractions s’est intensifié. Il n’y a donc plus de temps à perdre, il nous faut partir pour la maternité !

Dans la voiture nous sommes tous émus. J’essaie de me concentrer sur mes contractions. Et ne pas trop laisser mon esprit vagabonder… Mon mari me rappelle souvent que nous sommes là les 3 ensemble. Il me fait garder le lien avec notre bébé et lui, malgré la douleur. Nous avons appris cela en haptonomie et j’ai beaucoup apprécié cette piqûre de rappel tout au long de l’accouchement quand la douleur était vraiment présente. Nous rentrerons à 3, c’est quand même magique cette aventure…  J’ai confiance que tout va bien se passer. Je n’ai pas peur, je suis mon instinct et ma voix. Mon corps va s’avoir accoucher.

A 18h00 nous arrivons à la maternité et nous ne sommes pas très bien accueillis à la salle d’accouchement. Je ne sais plus comment me mettre et voilà qu’une dame me dit qu’il faut attendre 20minutes et remplir encore des papiers !!! Ah ces papiers, on les a déjà tous bien remplis au préalable ! Bon, nous restons calme et espérons très fort que ce ne sera pas notre sage-femme qui nous a répondu…Après un moment, c’est notre sage-femme qui nous ouvre. C’est magique, rien que par son sourire, je sais que nous allons bien nous entendre…

Avec mon mari nous continuons nos sons, nos chants… Cela m’aide beaucoup, je n’ai pas besoin de regarder après ma respiration, avec le chant qui part de mon ventre, la respiration se fait juste sans réfléchir. J’appelle notre enfant, je lui dis d’avoir confiance en lui, en nous et en la vie. Les contractions s’intensifient. Parfois je n’arrive plus à faire de sons, mon mari lui continue. Je me suspens aux espaliers, je me tords dans toutes les positions, la douleur est présente, c’est sûr. J’ai besoin de mouvement, de marcher. Notre sage femme me dit que je suis arrivée à une dilatation de 3 cm, c’est super, le travail a bien commencé. A 20h00, elle me propose d’aller dans la baignoire, je suis à 6cm de dilatation. J’y passe plus de 1h30, les contractions sont violentes. Je m’aide avec la corde en m’agrippant de toutes mes forces. Je continue à chanter quand je peux. Surtout j’essaie de me reposer quand la vague est passée, ou alors la tempête on peut l’appeler à ce stade. Mon mari continue à me soutenir, mais tout d’un coup, j’ai besoin de ce regard, de cette présence d’une femme. J’ai besoin de tenir très fort aussi la main de la sage-femme. Sa présence m’est indispensable. Malgré tout l’amour que j’ai pour mon mari, c’est d’une femme là à ce moment précis que j’ai le plus besoin. Elle me rassure, je me dis qu’elle a fait cela aussi avant, qu’elle sait de quoi il s’agit. Je suis au bord de craquer, elle me dit que j’ai bientôt fait le plus dure, elle m’encourage et me dit que bientôt, je vais avoir des contractions de poussée, ce sera différent, une autre douleur. Je tiens bon, j’ai confiance et je me concentre sur le moment présent.

Elle a raison, très vite j’ai eu cette impression que le bébé allait sortir, j’avais cette envie de pousser énorme, incontrôlable… Elle me contrôle et voilà que je suis à 10 cm de dilatation.  Dans le bain, j’ai passé à une dilatation de 6 à 10 cm en 1h30, c’est vraiment rapide. Le temps n’avait plus d’importance pour moi, d’ailleurs j’en n’avais plus la notion du temps. Je lui ai juste demandé jusqu’à quand elle restait avec son service, elle me dit : 23h00 ! Je n’avais pas du tout envie de changer de sage-femme, mais je suis sûre que notre petite va arriver avant. Je n’ai pas le droit d’accoucher dans l’eau, alors nous sortons et elle me prépare la table avec une barre d’appui devant. Le bouchon muqueux s’en va à ma sortie de l’eau, tout me coule entre mes jambes. Elle me propose de me mettre en position accroupie et en me tenant à la barre. J’avais bien demandé de ne pas accoucher assise ou couchée. Cette position était la meilleure pour moi et en plus c’est exactement la position que j’ai exercée pendant mes exercices de yoga tous les matins et soirs pour garder la forme. Je mets vite cette blouse qui m’est assez inconfortable, mais avec tout le monde qui s’active autour de moi, je ne serais pas confortable toute nue, même si j’en aurais juste envie, d’être nue. J’ai l’impression que je deviens un animal, je suis prise par une force assez incroyable. Cette envie de pousser, de laisser sortir cet enfant qui est dans moi, ne me laisse aucun répit ! Au début, je crie je crois pour la première fois avec un peu de peur. Du coup mon cri est strident. La sage-femme me dit de pousser avec mon ventre, d’utiliser ma voix comme je sais si bien le faire, mais avec mon ventre. Du coup je fais un son grave énorme… Je sens comme un étau à l’intérieur de moi qui tourne, qui laisse descendre le bébé. C’est bouleversant. Elle me dit qu’on lui voit les cheveux déjà. Elle me donne un miroir, je regarde vite, mais je suis impressionnée, j’ai besoin de rester dans mon « cocon », dans les sensations de mon corps, je regarde dans le vide et je me concentre et sens ce qu’il se passe à l’intérieur de moi. La barre m’aide à me tenir, je tire de toutes mes forces dessus. J’ai besoin de m’allonger un peu entre chaque contraction, j’ai de la peine à garder mon poids sur mes jambes, elles tremblent. Cependant les moments de répits se font rares… Après 5-6 poussées je crois, notre petite est dehors, c’est impressionnant, tout se passe très vite. Les gens s’activent autour de nous, mais ce qui m’importe le plus c’est de pousser. La sage-femme aide à passer le coude gauche du bébé qui est apparemment un peu plié et la bloque pour descendre. Tout d’un coup, j’ai même une impression étrange qui m’envahit : je vais la voir, tout se passe si vite… je la vois maintenant… Je viens la chercher et on m’aide à la poser sur mon torse nu! Elle crie, c’est magique, elle gesticule! Je la touche, elle est toute chaude, elle cherche du réconfort et fait déjà pipi ! Je commence à lui chanter cette chanson que je lui chantais lorsque elle était dans mon ventre. La mélodie vient toute seule et les paroles changent, ce sont des paroles de bienvenue pour elle, notre petite étoile. Mon mari m’accompagne avec la mélodie. Je suis allongée sur le dos, je n’ai plus mal, je la regarde, elle est là. Je prends les mains de mon mari pour qu’il la touche aussi. Je le regarde, il pleure, il y a beaucoup d’émotions autour de nous. Nous nous embrassons. Moi je ne pleure pas encore, je suis encore dans l’action, dans mon marathon… Je ne réalise pas qu’il est fini ! Elle cherche mon sein, c’est touchant. Je suis sûre qu’elle va savoir téter.

Mon souhait était de faire un accouchement sans péridurale et je suis vraiment très heureuse d’avoir tenu le coup… Merci à mon adorable mari et à notre sage-femme pour m’avoir soutenue et merci à notre fille d’avoir su sortir aussi bien. La force terrestre nous a bien aidée dans cette position accroupie, je suis vraiment impressionnée par ce dernier passage, sa rapidité et aussi contente de n’avoir pas été déchirée ou subit d’épisiotomie.

Après l’arrivée de notre enfant, j’aurais aimé être seule avec elle, mon mari et notre sage-femme… Mais voilà que du monde s’active autour de moi. Mon placenta doit encore sortir. On m’appuie sur mon ventre, on me met une sonde pour sortir mon urine. Tout cela me dérange fortement, je n’arrive pas à porter mon attention sur ce bonheur qui nous est tombé du ciel ! Je leur demande si c’est vraiment nécessaire de faire tout ça maintenant !!! Elles me répondent que oui, c’est important qu’il sorte maintenant et que probablement on devra me le sortir au bloc opératoire.

Heureusement qu’au cours d’haptonomie, nous avions bien discuté de comment le papa pouvait garder le lien si la maman devait s’en aller après l’accouchement… Mon mari a fait cela merveilleusement bien. Moi je n’ai pas aimé me détacher de ce moment magique, je n’ai pas eu l’impression d’avoir profité suffisamment de ce moment si important. Voilà qu’ils m’emmènent loin de mon bébé et de mon mari.

Ce sont aussi que des femmes qui s’occupent de moi au bloc opératoire. Notre sage-femme est là aussi, elle veille à ce que ça se passe bien. C’est pour le bien de tout le monde, c’est ce que je me dis. L’anesthésiste s’occupe bien de moi. Je chante encore, elle me demande où j’ai appris à chanter comme ça. Je lui réponds que je n’ai pas appris, que ça vient tout seul. En ce moment, c’est plus pour me détendre et me rassurer. La médecin avait demandé ultérieurement pourquoi on chantait dans la salle d’accouchement… Apparemment ce n’était pas quelque chose de commun… J’aimerais le crier partout, que notre enfant est arrivé dans les sons de nos voix et de nos chants. Que c’est une façon extraordinaire d’arriver sur Terre…

A mon retour en salle de réveil, je vois arriver mon mari en blouse verte poussant un petit lit à roulette ! Son sourire n’est plus pareil, il a quelque chose de plus qui a changé, un sourire d’amour qui lui embellit tout son visage. Il est lumineux. C’est touchant. A leur arrivée, les larmes me viennent enfin, nous sommes réunis les 3 et l’émotion est présente.  C’est pour la Vie, nous sommes ses parents et elle est notre enfant. La petite vient sur moi et elle trouve tout de suite le sein, c’est incroyable, ils ont appris où ? Enfin, plutôt, nous avons appris où ? Que c’est beau la nature…

Au petit matin, dans ma chambre de l’hôpital, j’écoute tous les bruits qu’elle fait. Je n’arrive pas à fermer l’œil, c’est intense. Elle dégage cette douceur infinie. J’avais l’impression que le monde s’arrêtait et qu’il n’y avait que cette paix qui restait.

Je garde un merveilleux souvenir de mon accouchement pratiqué dans la physiologie, les chants et la confiance. J’espère que le prochain sera tout aussi beau et pourra se faire naturellement aussi!

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